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Pâques 2020, faites de la résilience

Oui, nous sommes en pleine crise du Covid-19, souhaiter une “Joyeuse Pâques” peut sembler incongru et pourtant !

Pâques c’est la Résurrection et quoi de plus symbolique de la résilience que la résurrection ? La résurrection est sans doute la forme la plus ultime de la résilience !

C’est quoi la résilience ?

Vous trouverez sa définition dans les dictionnaires, dans les articles de management (je peux vous en donner des très bons), mais je voudrais vous donner “ma définition” et vous dire en quoi la résilience est un marqueur de ma vie, de mes vies.

“La résilience est la capacité d’un matériau à absorber de l’énergie quand il se déforme sous l’effet d’un choc.”

Ma première confrontation avec la résilience est en 1979, en Terminale E, pendant mon cours de mécanique des matériaux. A l’époque je ne savais pas que ce terme s’appliquait aussi à l’humain, mais je me rappelle que cette notion m’avait marqué : je ne savais pas ce lien existait, mais je le présentais. La résilience deviendra le marqueur de ma vie d’humain.

Mes résiliences

Dans mes vies de sportif, j’ai eu beaucoup de petits et de grands pépins physiques, quelques accidents aussi. Mes résiliences ont des liens très forts avec des événements qui ont touché premièrement à mon intégrité physique et qui ont eu des répercussions très fortes sur toute ma vie. Des tournants. Je vous donne les deux plus marquants.

Le 14 juillet 2004

Je vole en parapente, je suis serein et contemplatif. Je vole, seul, sans bruit, au loin je vois la mer et la Corse, c’est un moment rare. C’est l’été sur la Côte d’Azur, les conditions météo sont “sportives”, mais j’ai l’habitude, de suis moniteur de parapente depuis 10 ans, je suis directeur technique de mon école, je suis invincible. C’est le grand calme dans ma tête, tout va bien. Je veux immortaliser ce moment par une photo, je prends mon appareil et je lâche les commandes pour mitrailler le paysage. Mon amygdale continue automatiquement à gérer le vol, en tâche de fond. Elle me crie : “reprend les commandes et accélère, tu recules de trop, tu vas te prendre un rouleau…”.

Mais mon mental, calcule qu’il y a le temps de prendre quelques photos…

[…]

Mon mental se réveille plus tard, il est dans une chambre d’hôpital avec des médecins au tour de lui, qui s’excitent et qui disent “on le perd”… Mon mental se demande : “Pourquoi cette excitation ? ils ne voient pas que je suis là“. Il commande au corps de bouger, à la voix de parler, mais… rien.

Quelques mois plus tard, je suis au Centre Héliomarin de Cannes, content d’être de nouveau en vie. Les médecins m’annoncent la facture, la fracture… vous ne remarchez probablement plus et autres joyeusetés en rapport avec tout ce qui se trouve en dessous des hanches.

C’est là que la résilience s’est mise en marche. J’arrivais à sentir mes pieds, pas à les bouger, mais à les imaginer bouger. Au bout de 6 mois, je marchais et on m’enlevait les sondes et autres appareils qui me reliaient à l’ancien monde.

  • Je rentre à la maison pour la naissance de mon premier fils.
  • Je reprends mon travail et j’invente, puis je développe, le produit qui permettra à mon entreprise de faire travailler et vivre quelques dizaines de collaborateurs pendant plus de 10 ans.
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Le 3 avril 2017

Depuis le 31 mars, j’ai quitté la multinationale qui a acheté mon activité deux ans plus tôt. Décidément, je ne suis pas fait pour faire de la politique dans les COMEX. Je veux retrouver la flamme de l’action, développer un nouveau produit, les idées fourmillent dans ma tête. Tout va bien, je suis en pleine forme et je vois mon avenir tracé et brillant…

J’ai la chance d’habiter dans le massif de l’Estérel, j’ai maintenant 3 enfants, mon épouse qui me soutient. Tout va bien, la vie est belle.

Je pars faire une boucle de 70 km en VTT dans l’Estérel, au milieu du parcours je fais la photo qui illustre cet article. Depuis des années j’ai appris à être prudent quand je fais du sport. C’est une balade, sur les pistes destinées au camions de pompiers, bien larges, bien entretenues, pas du VTT extrême, rien ne peut arriver.

En repartant, au premier virage, je glisse un peu, je me rattrape sur la jambe pour ne pas tomber et je me tords le genou. Rien de grave, j’ai un peu mal, une petite entorse, juste serrer les dents. Je suis bien chaud, je termine donc mon parcours, presque normalement.

En arrivant chez moi, je descends de mon VTT et je m’écroule. Ma jambe ne me porte plus, je suis incapable de me relever et j’ai horriblement mal. J’ai eu une dizaine de fractures dans ma vie, alors cette douleur est familière, une vieille accompagnatrice.

Pompiers, hôpital, lit, rééducation, je connais le parcours par cœur. Une fois encore mon monde s’est écroulé, sans prévenir, quand tout allait bien.

Pendant ces trois mois d’inactivité professionnelle forcée, mon cerveau tourne autant que mes jambes sur le vélo de rééducation, je marche autant dans ma tête que sur le tapis automatique. Oui, cet arrêt est un signe. Non, je n’ai pas envie de développer un nouveau logiciel, une nouvelle application, une autre start-up.

Je crois que c’est à ce moment que mon amygdale, avant mon mental, a décidé que je devais changer d’orientation. Ce n’est que quelques mois plus tard, que le mental rejoindra l’intuition et que je découvrirai le coaching.

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Et puis il y aura des voyages, en Islande, en Sibérie orientale, en Yakoutie, en Norvège.

Et puis il y aura des rencontres avec Jacques, puis Philippe, Hervé, Astrid.

Tout cela servira d’ancrage.

Mon sujet favori ? La résilience.

12 avril 2020

Et puis, il y a eu le Covid-19. Ce n’est pas la première crise de 2019, il y a eu les gilets jaunes, il y a eu les grèves, le train-train des crises quoi… Mais là, on est confinés.

Je ne sais pas si c’est nécessaire, à l’échelle d’une vie, à l’échelle du Monde.

Je ne sais pas si c’est raisonnable au regard des conséquences, notamment économiques, qui ne manqueront pas.

Mais je sais que ce temps d’arrêt doit être utile, doit être utilisé, qu’il n’est pas là pour rien. Il doit tester, mettre à l’épreuve notre résilience. Il doit nous permettre de l’exercer, de la muscler. Parce que oui, la résilience est un muscle.

Mon ami Jacques est passé par l’hôpital. On parle du virus, de sa transmission. Je note, de façon systémique (une de nos passions commune avec Jacques…), que la conséquence directe de ce virus c’est qu’il attaque le souffle. Il nous demande de prendre le temps de respirer, de réapprendre à respirer.

Un hasard ? Depuis le 14 juillet 2004, vers 15h, je ne crois plus au hasard.

On nous a dit “il y aura un avant et un après“. On entend que “rien ne pourra plus être comme avant“. C’est bien mal connaître ce monde, l’humain, que de penser qu’un virus magique fera changer le monde. Si vous attendez que le monde change, vous attendrez et vous redouterez que si il change, cela ne sera pas en mieux.

Mais si “le monde” ne change pas, vous pouvez changer “votre monde“.

Profitez de la respiration qu’on vous oblige à prendre, à reprendre.

Profitez de ce temps pour muscler votre résilience.

Les outils du coach

Hier (samedi), pendant que je coupais mon bois de chauffage, le téléphone sonne…

  • Bonjour, je suis Gilbert, je vous téléphone de la part de Michel de la société Trucmuche. Il m’a dit beaucoup de bien sur vous, je pense que j’ai besoin d’un coaching…
  • Bonjour, vous remercierez Michel de ma part, en effet je suis coach, pouvez-vous m’en dire plus sur votre situation ?
  • Je suis allé voir votre site aldibo.fr et je trouve que vous n’en dites pas assez sur les “outils de coaching” que vous utilisez… Vous savez j’ai déjà eu plusieurs expériences et je sais que “tous les coachs ne fonctionnent pas bien avec moi”…

Si j’avais été à mon bureau, j’aurais certainement cherché à approfondir le “pourquoi de cette question” et faire préciser ce que mon client entend par “outils de coaching”…

Des techniques (position basse, silence, écoute active, …) des écoles ou des méthodes (PNL, Analyse Transactionnelle, Systémique, …), des tests (DiSC, énéagramme, MTBI, …), des jeux, (la liste peut être longue)…

Et puis, je me suis entendu répondre :

  • En ce moment j’utilise surtout la tronçonneuse…

Alors ? le réflexe de ma formation chez Metasysteme avec Alain Cardon :

  • Cela n’a sans doute rien à voir mais, dans votre situation, à quoi la tronçonneuse pourrait-elle servir ? Comment cela résonne en vous ?
  • [Long silence…] J’ai divorcé il y a 3 mois, mais bon ça va, je ne viens pas pour cela, c’était fini depuis longtemps, ce n’était qu’une officialisation administrative…
  • Mhhh, alors ? vous venez pour quoi ?
  • Ben, les affaires vont pas trop bien, je suis de toute façon proche de la retraite et je pense que je vais fermer ma boîte et déposer le bilan… Ce qui me fait hésiter c’est que je devrai licencier 12 personnes…

Et je me suis dit : “un sacré coup de tronçonneuse…”

Réussir sa prise de poste… en équipe !

Ce matin je tombe sur un post LinkedIn, qui relate une situation courante :

Après avoir refusé plusieurs candidats parce qu’ils n’avaient pas toutes les compétences demandées, au bout de plusieurs mois on trouve le candidat qui coche toutes les cases, le candidat “parfait”. Cette personne avait un CV très impressionnant. Mais malheureusement, il n’a pas “performé” à son poste. Il était “parfait” sur le papier, mais ses compétences humaines et relationnelles étaient mauvaises.

L’auteur du post apporte une conclusion tout aussi courante :

Un CV “parfait” n’est pas forcément égal à un succès garanti. Un candidat peut ne pas correspondre à chaque ligne recherchée, mais IL peut à travers d’autres compétences apporter tellement de valeur ajoutée à l’entreprise. Les “CV” ne performent pas, ce sont les Femmes et Hommes. Alors il faut recruter l’humain, pas que le CV.

L’auteur invite alors ses lecteurs à dire ce qu’ils pensent de la situation.

Les réponses sont, encore une fois, courantes. En général, le lecteur abonde dans le sens présenté, il faut “recruter l’humain”, il faut tenir compte des “soft-skills”, etc. D’autres affirment que le mode de management du patron n’est pas adapté.

Bref, tout cela est orienté “personne”, c’est la faute d’un mauvais “match” entre le candidat, le patron, le manager, voire l’équipe.

Pour ma part, je pense qu’il est possible que cela soit en partie un mix de ces causes mais qu’on passe très certainement à côté des raisons véritables, on ne s’est pas nécessairement posé les bonnes ou, au moins, quelques “bonnes questions”.

Quelques points de réflexion supplémentaires

Il s’agit là d’exemples, pour montrer qu’on doit intégrer dans la réflexion des pistes auxquelles on ne pense pas toujours et qui dépendent de chaque situation. Ce n’est surtout pas exhaustif !

Est-ce que l’histoire se répète ? Si on recrute pour un remplacement “poste pour poste” dans quelles conditions le précédent occupant du poste est parti ? Et celui d’avant ? Et celui d’avant ?

Dans les autres équipes, dans les autres services, comment se passent les intégrations ? Quelles sont les exigences mises en avant lors des recrutements ? Quels sont les comportements qu’on reproduit dans toute l’entreprise ?

Si on recrute parce qu’on a besoin de faire grandir l’équipe (par exemple : on ne peut pas livrer aux dates prévues parce que la charge de travail est trop importante). Pour l’équipe, quel serait l’avantage (inconscient ?) à ce que le recrutement se passe mal ? Peut être veut-on conserver une justification facile à des situations qu’on ne veut pas regarder en face.

Ma proposition : le coaching d’équipe

Quand une prise de poste n’est pas naturelle et fluide, il est classique de proposer un “coaching de prise de poste” à la personne qu’on recrute. C’est une très bonne idée que je ne développe pas ici (mais on peut en parler !) Cependant, celui qui prend le poste n’est généralement pas la seule personne en cause. Je propose donc de l’accompagner “en situation” c’est à dire dans l’équipe qu’elle intègre, pour une prise de conscience, des décisions, des améliorations et une harmonisation collective, co-construite.

Souvent on me demande le “programme de cette formation”. Il ne s’agit pas d’une formation, en effet, pour se prétendre “formation” il faudrait établir un programme standardisé, “formaté”. C’est le contraire de ce que je fais : observer dans “l’ici et maintenant” au plus proche de la réalité opérationnelle, aider à comprendre la situation de chacun et les effets sur le groupe. Co-construire votre solution unique et arriver à votre autonomie. Un autre objectif est que ce qui se fait en mode expérimental la (les) première(s) fois devienne un nouveau mode de pensée, un nouveau réflexe.

Vous êtes intéressé ? vous voulez juste en discuter et/ou vous cherchez plutôt un accompagnement individuel de prise de poste ? N’hésitez pas à me contacter.

Voyage métasystémique

En janvier 2019 je me suis lancé dans une aventure dont je ne pouvais envisager les conséquences ; 4 mois plus tard, voici quelques commentaires sur cette aventure, le début d’un nouveau chemin.

Lorsqu’en 2018 je créé Aldibo, je veux mettre un nom sur ma façon de travailler, de manager, de voir le monde dans sa complexité. De mes expériences passées je sais qu’il faut prendre en compte la globalité et qu’on ne peut agir que localement, qu’il faut se fier à ses intuitions et que rien n’arrive par hasard (que certains nomment : synchronicité). Je vois aussi qu’en harmonisant et en optimisant les organisations, équipes et relations il y a tant à gagner avant même d’essayer d’ajouter des personnes et des moyens. Cela fait une bonne base théorique, je suis alors fier de ma “découverte”. Un peu de recherches sur Internet me fait vite retomber sur terre, je ne suis pas un inventeur génial, tout ceci est inclus dans quelque chose de plus large et de très naturel : la systémique (rassurez vous, mon propos n’est pas de développer ici).

Après quelques recherches, je trouve une formation qui me semble intéressante : Les fondamentaux du Coaching systémique d’Alain Cardon. Je ne me suis pas arrêté sur le côté “coaching”, ce terme était pour moi réservé aux sportifs et à une nébuleuse floue, un peu fourre-tout, entre magie, gourou, psycho, bien-être ; non, ce qui me faisait vibrer c’était “systémique”.

La première journée donne le ton : si on cherche de la complaisance, si on sait, si on ne comprend pas que pour nager il faudra se mouiller: on s’est trompé d’adresse. Il est clair qu’on est là pour se faire cardoniser (allez-y, vous comprendrez vite ce verbe). Premier exercice, peut être le plus important : coacher son voisin pendant 8 minutes, le seul “outil de coach” autorisé étant le silence. Je ne vous donne pas la suite…

Pas que cela soit secret, tous les livres de recettes sont sur le site métasystème coaching, mais cette formation est unique. Vraiment unique, je veux dire que même une autre session sera différente. Ce qu’il fait qu’elle est unique c’est qu’elle ne peut se vivre qu’avec Alain, Amina, Anne, Benedikte, Charlotte, Denis, Emmanuel, Gabriel, Lucile, Marie, Nathalie, Nathalie, Nicolas, Romain et Yann : à ces moments de leurs vies respectives, en ces lieux, en ces circonstances et qu’avec les échanges entre chacun et tous… Bref, c’est systémique, on en prend conscience, on se vit en tant que système.

Comme dit Alain Cardon, on peut lire, apprendre par cœur des milliers de livres sur la natation, pour apprendre à nager, la seule solution c’est de se jeter à l’eau et de nager, nager et encore nager. Mon grand-père maternel est d’une lignée de forgerons sur plusieurs générations : maintenant je sais ce que veut dire “c’est en forgeant qu’on devient forgeron”.

Si j’ai pris goût au coaching, si je suis devenu coach, je le dois à Alain, Amina, Anne, Benedikte, Charlotte, Denis, Emmanuel, Gabriel, Lucile, Marie, Nathalie, Nathalie, Nicolas et Yann . Je le dois aussi à tous ceux qui m’ont fait confiance depuis : mes clients, mes amis, ma famille, à ceux qui n’ont pas compris qu’ils étaient mes cobayes et à tous ceux qui viendront.

Romain ARAGON